ENERGIE'S LIBRES
Création 2024 – 3 danseurs – Durée 60 minutes
Tout public – Break hybride
Pièce chorégraphique pour l’espace public et scène
Distribution
Direction artistique : Frédéric Cabraé
Interprétation : Frédéric Cabraé, Bassoiri Moussa & Romain Meugnier
Création Lumières : Nikky Laffay
Costumes : Justine Jacquier
Crédits photos : Mélissa Ros
Production : Cie Vague2flow
Coproductions : Studios Dyptik & Théâtre le Verso
Aide à la création : Département de la Loire et Ville de Roanne
Avec le soutien de : Studios Dyptik, Studio Frédéric Bendongué, Théâtre le Verso, Ville de Roanne, Théâtre Municipal de Roanne, Ville de Mably, Espace Albert Camus Le Chambon Feugerolles, Les Passerelles Montrond les Bains et Hip-Hop Evolution (Mayotte 99)
Résidences : Studios Dyptik, Théâtre le Verso, Studio Frédéric Bendongué, Théâtre Municipal de Roanne, Ville de Mably, Les Passerelles Montrond les Bains, MJC de Rive de Gier et Espace Albert Camus Le Chambon Feugerolles.
Propos
Énergie’s Libres est une création chorégraphique qui propose une forme d’autonomie énergétique scénique, en mêlant danse hip-hop et technologie low-tech. La particularité de ce projet réside dans son dispositif scénographique : les danseurs alimentent en temps réel les éléments techniques du spectacle (lumière, son, éléments interactifs) via des générateurs électromagnétiques activés mécaniquement, pédaliers, manivelles, dynamos intégrées à des objets scénographiques. L’énergie utilisée sur scène est ainsi entièrement produite sur le moment, sans branchement électrique classique.
Ce choix artistique est aussi un choix éthique : celui de développer un mode de création qui interroge nos usages, notre rapport à la consommation, et notre dépendance à la technologie. Il s’agit ici de faire cohabiter exigence esthétique, sobriété énergétique et puissance symbolique. La danse hip-hop devient ici un langage central. Elle incarne la tension, le défi physique, l’endurance nécessaire à la production d’énergie. Par sa dynamique intrinsèque, ancrée, puissante, explosive, elle dialogue naturellement avec la contrainte imposée : produire pour créer. L’énergie n’est plus simplement un sujet du spectacle, elle devient sa matière première, son moteur narratif, son enjeu dramaturgique. La scénographie se construit en interaction avec les corps. Elle est composée de structures visibles et assumées : fils, générateurs, poulies, vélos… Cette esthétique brute rend lisible le système. Le spectateur assiste non seulement à une performance artistique, mais aussi à un processus de transformation réelle et immédiate.
Énergie’s Libres est un manifeste chorégraphique pour une écologie de la scène. Il ne s’agit pas de renoncer à la technique, mais de la repenser, de la relier à l’humain. C’est une œuvre engagée qui veut inspirer d’autres façons de créer : plus sobres, plus conscientes, plus accessibles. Ce projet s’inscrit dans une volonté de changement durable des pratiques artistiques : il mêle l’innovation technique artisanale à une réflexion sociale et écologique. Il s’adresse à tous les publics, notamment aux plus jeunes, qui y découvriront un spectacle aussi spectaculaire que responsable.
Note d'intention
Créer sans prise. Créer avec le corps. Créer avec conscience. L’idée d’Énergie’s Libres est née d’un constat simple, presque brutal : aujourd’hui, produire un spectacle demande énormément d’énergie au sens littéral comme au sens symbolique. Les scènes s’éclairent, se sonorisent, se programment grâce à des réseaux électriques puissants, souvent invisibles. Mais à l’heure de l’urgence climatique, peut-on continuer à créer comme si de rien n’était ? Je me suis demandé s’il était possible d’imaginer un spectacle qui ne tire aucune énergie du système. Un spectacle qui, comme un organisme vivant, produit lui-même ce dont il a besoin pour exister. Ce n’est pas une provocation technologique. C’est une nécessité artistique, humaine, politique.
C’est ainsi qu’est né Énergie’s Libres : un spectacle autonome, alimenté en direct par les danseurs et danseuses sur scène à travers des générateurs électromagnétiques. Pédaler, tourner une manivelle, activer un mécanisme : chaque effort devient utile, visible, transformé en lumière, en son, en vibration. La scène devient un écosystème. Le corps devient moteur. Ce projet est une ode au lien retrouvé entre geste et conséquence. Dans un monde où tout est automatisé, immédiat, sans trace de l’effort, je veux remettre au centre le fait que produire, c’est aussi dépenser, c’est aussi s’engager. Cela vaut pour l’énergie, pour la création, pour la société.
Et puis il y a la danse. Le hip-hop, précisément. Une danse de terrain, de résistance, de dépassement. Une danse qui ne vient pas des institutions mais des corps. Elle porte en elle cette force brute, organique, vitale, qui correspond exactement à l’esprit du projet. Sur scène, ces corps dansants ne se contentent pas d’exprimer : ils produisent. Ils alimentent l’espace. Ils rendent visible l’invisible. Je porte Énergie’s Libres avec la conviction que l’art peut transformer les regards, ouvrir des consciences, créer du désir de changement. En créant un spectacle avec nos propres forces, sans tirer sur les ressources de la planète, nous posons un geste. Un geste symbolique, mais aussi très concret.
Sur scène, nous créons l’énergie dont nous avons besoin. Et si c’était ça, le début d’un changement durable ?
