DYS
Création 2022 – 2 danseurs – Durée 50 minutes
Tout public – Break contemporain
Pièce chorégraphique pour l’espace public et scène
Distribution
Direction artistique : Frédéric Cabraé
Interprétation : Frédéric Cabraé & Bassoiri Moussa
Création Lumières : Dominique Dupin & Nikky Laffay
Costumes : Maïté Chantrel
Crédits photos : Kévin Viganne
Production : Cie Vague2flow
Aide à la création : Département de la Loire et Ville de Roanne
Avec le soutien de : la Ville de Roanne, Théâtre Municipal de Roanne, Ville de Mably, Les Passerelles Montrond les Bains, Hip-Hop Evolution et le Pôle Culturel de Chirongui (Mayotte 99)
Résidences : Théâtre Municipal de Roanne, Ville de Mably, Les Passerelles Montrond les Bains, Hip-Hop Evolution et Pôle Culturel de Chirongui (Mayotte 99).Chambon Feugerolles.
Propos
« Dys” à corps “perdu » est une pièce chorégraphique pour deux interprètes qui explore le combat intérieur d’une personne vivant avec des troubles dys, ici inspiré directement de la dyslexie. Loin des clichés ou de la compassion facile, cette création donne à voir une lutte invisible, intime et violente : celle de l’individu face à lui-même.
À travers la figure du réel et de sa conscience, le spectacle met en scène un être tiraillé entre ses désirs profonds, ses blocages, et sa quête d’équilibre. Il ne s’agit pas de vaincre son trouble, mais de trouver un terrain d’écoute, une manière d’exister avec.
Cette tension, ces cassures et cette transformation sont racontées par le langage de la danse hip-hop, que je considère ici comme ma vision personnelle de la danse contemporaine : expressive, libre, ancrée dans le vécu et capable de traduire l’invisible.
Dyslexie, dysphasie, dyspraxie, dysorthographie, dysgraphie, dyscalculie… un combat permanent, qui isole devant des difficultés et que nous imaginons comme une montagne à gravir. Dans cet environnement hostile, le danseur fait face à ses troubles où il n’a d’autre choix que de les surmonter.
Note d'intention
“Les valeurs qui nous animent.
Ma compagnie de danse est née d’un besoin profond : celui d’exprimer par le corps des réalités invisibles, des luttes intimes et des thématiques de société trop souvent tues comme ma dyslexie. À travers mes spectacles, je cherche à éveiller les regards et à ouvrir les cœurs. Je porte une ambition claire : faire de la danse un acte engagé, une voix poétique et puissante pour questionner le monde. Comme le disait John F. Kennedy : « L’ambition n’est rien sans les valeurs qui la soutiennent. » Je m’inspire de figures qui, comme lui, ont osé croire au changement et ont œuvré avec courage pour des causes humaines. C’est cette même foi dans l’impact collectif qui guide mon art.
“Dys” est née de mon histoire. Je vis avec la dyslexie depuis l’enfance, et ce trouble m’a souvent placé en marge, dans l’inconfort, dans le doute de moi-même. Pendant longtemps, je l’ai vécu comme un frein. Mais aujourd’hui, à travers ce spectacle, j’en fais une force. Ce projet est pour moi une forme de thérapie, une manière de libérer ce que je n’ai pas toujours su exprimer autrement que par le corps. Sur scène, la danse hip-hop devient mon langage. Elle me permet de traduire les émotions enfouies, les tensions, les conflits intérieurs. C’est à travers cette gestuelle que je fais passer ce que les mots ne peuvent pas dire. Le popping, les arrêts, les relâchés, les déséquilibres… tout devient matière à faire ressentir l’intérieur de ce trouble. J’utilise le hip-hop parce qu’il porte une puissance brute, une sincérité du mouvement, une énergie de lutte. C’est ainsi que je conçois la danse contemporaine : non pas comme un style figé, mais comme un espace ouvert à toutes les écritures du corps.
Cette création est aussi un message de sensibilisation. Je veux qu’il parle aux jeunes, aux familles, aux enseignants, à tous ceux qui croisent des personnes « dys » sans forcément comprendre ce qu’elles traversent. Je veux dire à tous ceux qui se sentent différents qu’ils ne sont pas seuls. Qu’un défaut n’est pas un frein à la réussite. Qu’on peut faire de grandes choses en partant de ses fragilités. Comme le disait Albert Einstein, lui-même dyslexique : »Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson à sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. » Dys à “corps perdu » est donc à la fois un cri, une libération et une main tendue. Il parle aux autres, mais il me parle à moi, avant tout.
